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Madiha Yousry et l’âge d’or du cinéma égyptien
Jeune fille de milieu populaire, femme amoureuse, épouse ou amante, plus tard mère, puis grand-mère, Madiha Yousry aura incarné tous ces personnages. Elle sera passée d’un genre cinématographique à l’autre, depuis la comédie musicale où, pendant vingt ans, elle fut la partenaire principale des plus célèbres chanteurs égyptiens à l’écran, à la comédie sociale légère, du drame social aux films à suspense et aux sagas populaires ou mythologiques. Tout au long de sa vie artistique, Madiha Yousry, qui appartient à la génération pionnière des stars égyptiennes dites “pures” (celles qui se sont consacrées exclusivement au cinéma par opposition à la génération précédente, venue du théâtre), est demeurée fidèle à son métier d’actrice et de productrice. Sensible aux problèmes de société, elle s’est servie de son métier comme d’un tremplin pour aborder des questions de droits de l’homme. Sa vie familiale s’est pliée à sa vie professionnelle : ses mariages successifs semblent avoir été un complément à son travail et ses relations d’amour et d’amitié avoir constitué les piliers de son engagement dans le cinéma. Madiha Yousry a tourné dans une centaine de films. Elle a travaillé avec les plus grands des générations successives de réalisateurs égyptiens. Une jeune fille de caractère À l’époque des débuts de Madiha Yousry, les films égyptiens sont principalement axés autour des aventures sentimentales des jeunes gens de la classe moyenne, qui constitue le public principal du cinéma égyptien. Madiha Yousry fait elle-même partie de cette classe qui s’est ouverte au monde grâce au grand écran et à la multiplication des salles à travers le pays. Nous sommes en plein âge d’or du cinéma égyptien, avec ses stars qui rivalisent en élégance, grâce et beauté avec celles d’Hollywood. Les événements historiques de l’époque marquent par ailleurs de leur empreinte la production cinématographique locale. La Deuxième Guerre mondiale a étendu ses filets dans la région. La population fréquente les cinémas pour oublier l’ambiance de la guerre dans laquelle l’Égypte est plongée malgré elle, du fait du protectorat britannique. L’ascension même de Madiha Yousry répond aux besoins de développement du cinéma égyptien du moment. La production cinématographique nécessite la promotion de nouveaux et séduisants visages, qui ajoutent de l’éclat au film et augmentent la fréquentation en salle. Madiha Yousry, née Hannouma Khalil, voit le jour au sein d’une famille modeste. Son père est fonctionnaire des chemins de fer. La classe moyenne égyptienne d’alors est plutôt portée sur les arts, la culture et l’activité intellectuelle. Quoi de plus naturel pour la jeune fille, dans ce contexte, que d’intégrer une école de stylisme après ses études secondaires ? L’univers de l’adolescente se limite à l’époque à la maison, à l’école et au cinéma. C’est au café Groppy de la rue Fouad, où elle aime retrouver une bande d’amis, que le réalisateur Mohamed Karim la remarque. Il s’avance vers elle avec ces mots : « Je cherche de beaux yeux pour une scène avec Mohamed Abdel Wahab ! « Madiha Yousry saute de joie. Son rêve de devenir actrice va-t-il enfin se réaliser ? La scène en question ne dure que cinq secondes, pendant lesquelles un plan du beau regard de la jeune fille illustre la chanson entonnée par Abdel Wahab : « Ne m’embrasse pas sur les yeux ». Ce plan devient le clou du film Défense d’aimer, et lui assure, du même coup, le passage à la célébrité. Dès son film suivant, Rêves de jeunesse, Madiha Yousry obtient le rôle principal aux côtés du célèbre Farid al-Atrache. Elle y incarne une jeune orpheline vivant chez son oncle, qui tombe amoureuse d’un riche aventurier. Le film est réalisé par Kamal Sélim, pionnier du cinéma réaliste égyptien. Mais faire accepter son choix par la famille (et tout particulièrement par son père), au sein de la société conservatrice dans laquelle elle évolue, n’est pas simple. C’est en tablier d’écolière et escortée de sa tante – elle est encore mineure – que la jeune fille se présente à l’audition. Elle obtient le rôle, et recourt à une astuce pour contraindre son père à la laisser jouer : une clause mentionnant qu’en cas de rupture du contrat, une somme de deux mille livres égyptiennes devra être versée. Ce montant exorbitant oblige son père à lui laisser gagner la partie. En contrepartie, il lui impose mille et une règles de conduite à suivre strictement, afin qu’elle devienne une “artiste respectable”. Madiha Yousry commence à fréquenter régulièrement le studio et, dès la fin du tournage, en 1942, reçoit un déluge de propositions pour des premiers rôles. Une nouvelle vie s’ouvre à elle. En 1943, l’acteur et producteur Hussein Sidqi la choisit pour tenir le rôle principal de son film L’Ouvrier réalisé par Ahmed Kamel Morsi. Elle y joue au côté d’une actrice légendaire : Fatma Roushdi. Ce film, qui traite du droit des travailleurs, appartient au genre du réalisme social initié par Kamal Selim. C’est ensuite sans difficulté que la jeune actrice passe au genre des comédies légères dans lesquelles elle va exceller, avec un réalisateur qui va marquer sa carrière : Togo Mizrahi. Du drame à la comédie Dans Vive les femmes, tourné en 1943, Togo Mizrahi place Madiha Yousry au cœur d’une intrigue où trois amies décident d’infliger une leçon mémorable à leurs fiancés respectifs qui flirtent, de façon éhontée, avec de belles étrangères. Dès ses débuts, Madiha Yousry s’est toujours ingéniée à diversifier ses rôles. Pour le film suivant, elle passe donc à un mélodrame larmoyant, À bas l’amour du réalisateur Ibrahim Lama, puis au drame social, Le Fils du forgeron, où elle partage la vedette avec le fameux Youssef Wahbi, acteur venu du théâtre. Nous sommes en 1945. Madiha Yousry est à présent une star que les producteurs s’arrachent. Cette année-là, elle joue dans six films dont cinq sont des comédies : Un baiser au Liban, Vive les hommes (produit par Togo Mizrahi devant le succès remporté par Vive les femmes, et qui raconte la même histoire du point de vue des hommes), Le Sexe faible (avec l’acteur et chanteur Mohamed Amin qui devient son époux), Les Rêves de l’amour, Lune de miel. Elle revient ensuite au mélodrame avec Le Grand Artiste réalisé par Togo Mizrahi, à nouveau aux côtés de Youssef Wahbi. En 1946, sa filmographie s’enrichit de cinq nouveaux films, parmi lesquels Le Procureur général d’Ahmed Kamel Morsi. Ce film, devenu un classique, traite du conflit entre la loi et son application, à travers l’histoire d’un homme inculpé du meurtre du fils d’un procureur général. C’est aussi en cette même année 1946 que se situent les deux dernières collaborations cinématographiques entre Madiha Yousry et son mari Mohamed Amin, sur L’Orpheline de Fouad al-Gazaerli et L’Amour d’une bédouine. Une fin de collaboration artistique qui correspond au terme d’une vie de couple. Un couple qui aura formé six fois un duo à l’écran. Une autre étape commence dans la vie professionnelle de l’actrice. À la fin de l’année 1946, l’acteur et réalisateur Ahmed Salem, devenu son second époux, lui propose le rôle principal féminin de L’Homme de l’avenir, produit par Studio Misr dont il est, par ailleurs, le directeur. Suit alors Le Prisonnier de l’ombre, réalisé par un jeune cinéaste prometteur, Ezzeddine Zulficar, qui mêle mélodrame et romantisme, et unit Madiha Yousry à l’acteur Yéhia Chahine. L’actrice y est une infirmière qui soigne un jeune homme aveugle. L’attention qu’elle lui porte se transforme peu à peu en un amour dévastateur. Très consciente du pouvoir de la caméra, elle impose à son personnage une justesse de ton, là où une actrice de la génération précédente, venue du théâtre, aurait été facilement emphatique. En 1947, elle ajoute cinq films à son actif dont deux avec le chef de file du réalisme égyptien, Ahmed Salem : Le Fils d’Antar et L’Avenir inconnu. Deux films marqueront encore la décennie des années 40 pour Madiha Yousry. L’Égyptien Effendi, tout d’abord, qui correspond à sa première collaboration avec l’acteur, réalisateur et producteur Hussein Sedki. Le film traite du problème de la volonté humaine face à la volonté divine, à travers l’histoire d’un jeune ingénieur en rébellion contre son dur destin de père de famille nombreuse dont les enfants meurent mystérieusement l’un après l’autre. Ce film conteste le principe de la limitation des naissances qui serait contraire à la volonté de Dieu. Une problématique qui se fait l’écho d’un des principes prônés par les Frères musulmans sous l’égide de leur guide Hassan el-Banna, assassiné en 1949, année même de la sortie du film. Le deuxième film important de 1949 pour Madiha Yousry est Fatma, Marika et Rachel, de Helmi Rafla, une comédie sociale qui raconte les aventures de trois jeunes et jolies amies. L’une est musulmane, la deuxième chrétienne et la troisième juive. Une problématique timidement abordée par le cinéma égyptien, celle de la tolérance entre les trois religions que prônait le peuple égyptien avant la création d’Israël et le départ des Juifs d’Égypte. À noter qu’un autre film de la même époque traitait du même sujet, avec des protagonistes masculins : Hassan, Morcos et Cohen. Maître Madiha et les droits de la Femme Au début des années 50, le cinéma est devenu le divertissement favori des Égyptiens. Son influence s’étend à travers un réseau de salles disséminées dans les moindres governorats et régions administratives. Cette période est pour Madiha Yousry celle de la maturité. Mais l’actrice n’a pas encore atteint ses ambitions, ni son désir d’aborder franchement les problèmes de condition sociale en Égypte. Il est remarquable de noter à quel point le cinéma égyptien a abordé très tôt la question de la Femme, de son droit au travail et de sa place dans la vie publique. Ce sujet revêt une importance toute particulière pour Madiha Yousry, elle qui a dû affronter le pouvoir paternel. Elle a d’ailleurs épousé en premières noces un homme qu’elle a choisi elle-même, Mohamed Amin, un artiste comme elle qui l’a encouragée dans ses propres choix plutôt que de laisser son père lui imposer un mari qui aurait pu lui interdire d’exercer son métier. Mais comment une actrice de son envergure n’est-elle pas autorisée à se prendre en charge en tant qu’individu ? Elle n’ose aborder ces questions publiquement, ni au travers de ses films. Ce sera chose faite avec Maître Madiha, pièce de théâtre écrite et mise en scène par son maître, l’acteur Youssef Wahbi. C’est l’histoire d’une jeune femme déterminée à faire ses études de droit et dont la famille brise l’ambition en la mariant de force à un lointain parent inculte de milieu rural. La pièce traite donc d’un tabou solidement ancré dans la société égyptienne, celui de la suprématie absolue de l’Homme. Et ce, malgré tous les efforts entrepris par les femmes égyptiennes pour se libérer. Madiha Yousry propose à Youssef Wahbi d’acheter les droits de sa pièce et d’en faire un film dans lequel elle jouerait le rôle principal. « Nous, les femmes de cinéma de ma génération, Aziza Amir, Bahiga Hafez, Fatma Rouchdi et moi-même, omniprésentes sur les écrans, voulions faire des films qui abordent les thèmes qui nous concernaient, mais c’était impossible. Personne n’osait mettre en scène des personnages dramatiques autres que ceux du genre de “Si-Sayed” [prototype de l’Homme, personnage romanesque de Naguib Mahfouz], “l’aîné de la famille” ou “le grand frère”… ». Maître Madiha résonne comme une note dissonante dans la gamme des films dans lesquels elle joue dans les années 50. Des histoires d’amours romantiques, des comédies musicales et des comédies tout court comme : Oh ! les hommes, Le Mari aux quatre femmes, Ainsi sont les femmes et Yasmine. Des films qui placent systématiquement les femmes dans une situation d’impuissance. Ce film amorce donc un tournant dans la représentation de la femme au cinéma, même s’il se termine par la soumission forcée de la jeune héroïne face aux traditions et sous le joug de la famille. Grâce à ce film, Madiha Yousry réalise un autre de ses rêves : celui de devenir productrice. Elle devra attendre sept ans pour renouveler cette expérience. Au fil des années qui suivent, Madiha Yousry continue d’incarner des personnages toujours aussi variés. Elle fait une apparition mémorable dans un film de Henri Barakat, Le Prince de la vengeance, qui tient une place singulière dans l’histoire du cinéma égyptien et dans la filmographie de Barakat, réputé pour ses drames romantiques poignants. Tiré du Comte de Monte-Cristo c’est un film d’aventure rempli d’actions et de prouesses techniques et dénonçant l’oppression, la corruption et la complicité entre gouvernants et marchands au détriment du peuple. Madiha Yousry apparaît ensuite dans un mélodrame déchirant de Youssef Wahbi, Les Enfants de la rue, puis dans un film d’Omar Guémei, Des enfants, ainsi que dans Sans un au revoir de Ahmed Dia Eddin. En 1952, on la retrouve dans un genre inhabituel pour le cinéma égyptien, un film fantastique intitulé D’où tu sors ça ? réalisé par Niazi Mostafa. À ses côtés, Mohamed Fawzi, son troisième mari. Les années suivantes offrent à Madiha Yousry l’occasion de jouer dans quatre films de Kamal al-Cheikh, un des réalisateurs majeurs du cinéma égyptien : Le Complot, en 1953, Vie ou mort, en 1954 (présenté au Festival de Cannes), La Terre des rêves, en 1957, un film qu’elle produit, puis Un cœur qui brûle, en 1954. Madiha Yousry productrice Mohamed Amin l’avait initiée à la production à travers la société qu’il avait créée après leur mariage. Plus tard, maîtrisant les ficelles de ce nouveau métier, elle n’hésitera pas à se lancer seule dans l’aventure et à prendre des risques artistiques et intellectuels qui vont inscrire son nom dans l’histoire du cinéma de son pays. Une industrie devenue florissante, la deuxième après celle du coton en Égypte. Madiha Yousry tient à perpétuer l’héritage des pionnières du cinéma : « Ce n’était pas difficile pour moi de participer à toutes les étapes de fabrication d’un film. Je faisais cela avec un amour infini parce que je ne produisais que des films qui me tenaient fortement à cœur et que le cinéma de l’époque ignorait. » Deux films de sa production illustrent tout particulièrement les valeurs auxquelles elle était attachée : Un cœur qui brûle de Kamal al-Cheikh (1959) et Fidélité éternelle (1962). d’Ahmed Dia Eddin. Le premier raconte le drame d’une mère-courage se battant pour sauver de la mort son enfant. Le second est le récit d’une autre mère, celle d’une fille handicapée, dont le mari meurt en voulant sauver lui-même un homme d’une tentative de suicide dans le Nil. Le rescapé apprend la vérité et retrouve la trace de son bienfaiteur. Il se rapproche de sa veuve et de sa fille… Je pars aborde la question de la légitimité de l’amour en butte aux mesquineries de la société. Aïda, l’héroïne, est mariée à un riche frivole et finit par s’enfuir avec son amour de jeunesse, devenu veuf. Lequel meurt presque aussitôt. Désespérée, elle met le feu à sa maison et s’immole avec celui qu’elle aime. Le film s’inspire de tragédies classiques du type Qays et Layla, Roméo et Juliette ou Notre-Dame de Paris. Des histoires où des hommes meurent près de la tombe de la femme aimée. Ici, c’est l’inverse qui se produit. Une sorte de clin d’œil de Madiha Yousry et une profession de foi : la femme est aussi fidèle et entière que l’homme dans l’amour ! Madiha Yousry et Imad Hamdi y portent leurs personnages, Aïda et Ahmed, à un summum de romantisme jamais égalé par les divers “remake” ultérieurs du film comme Dans les ruines avec Faten Hamama et Imad Hamdi, Qays et Layla avec Choukri Sarhan et enfin Mon amour pour toujours, avec Nour al-Chérif et Poussy. La Terre des rêves de Kamal al-Cheikh, un film-clé pour sa productrice. Entièrement tourné dans la ville d’Assouan en Haute-Égypte, il présente, pour la première fois en couleur, une image enchanteresse de cette ville. C’est en effet le premier long métrage égyptien tourné en couleur et en cinémascope. Un film qui va révéler une nouvelle facette de Madiha Yousry : son nationalisme et ses idées progressistes. À la fin du tournage, en octobre 1956, Madiha Yousry part pour Londres avec le négatif pour le développer et l’imprimer (l’Égypte ne s’est pas encore dotée d’un laboratoire-couleur). Au même moment, l’agression tripartite de l’Angleterre, de la France et d’Israël contre l’Égypte impose un arrêt des liaisons aériennes civiles. Elle prend le premier bateau en partance pour le Liban et, de là, un deuxième pour Londres. Une fois sur le navire, elle dévoile la vraie raison de son acharnement : elle tient à montrer ce film en dépit des difficultés que traverse le pays, pour contrer les rumeurs qui le déclarent détruit par la guerre. Son discours patriotique déchaîne la colère des étrangers à bord, au point de contraindre le capitaine à isoler Madiha Yousry pour assurer sa protection. Madiha Yousry fait développer le film à Londres puis retourne au Caire, via le Liban. Le deuxième souffle Madiha Yousry a su constamment se renouveler et conserver sa renommée grâce à certains seconds rôles au début des années 60. En 1962 précisément, dans Les Péchés, de Hassan al-Imam, l’un des mélodrames les plus connus du cinéma égyptien. Elle y incarne la mère d’Abdel Halim Hafez, star de la chanson. Le succès du film pousse Madiha Yousry à accepter toute une série de seconds rôles écrits pour elle et qui donnent un deuxième souffle à sa carrière. Elle y imprime chaque fois son charme personnel. Elle est particulièrement surprenante dans les comédies légères à travers des personnages sympathiques comme dans La Petite Sorcière, Le Mari arrive, Le Fiancé de maman et Prends garde à tes voisins. Ce qui ne l’empêche pas de continuer à interpréter des personnages plus graves dans les années 80, comme dans Qui éteindra le feu ? de Mohamed Salman, sur la guerre du Liban, dans Ayoub de Hani Lachine, avec Omar Sharif et dans La Bonne de Achraf Fahmi avec Nadia al-Guindi et Mamdouh Abdel Alim. Enfin, dans les années 90, Madiha Yousry réapparaît dans La Danse avec le Diable de Alaa Mahjoub avec Nour al-Chérif et surtout dans Le Terroriste de Nader Galal avec Adel Imam dans le rôle principal, premier long métrage à dénoncer les terroristes, ainsi que la menace qu’ils exercent sur la société égyptienne depuis la fin des années 70. Durant les deux derrières décennies, Madiha Yousry est présente dans une vingtaine de films réalisés par de jeunes metteurs en scène, une belle preuve de sa confiance en elle et de son audace. En cela, sa carrière diffère de celles d’autres actrices qui travaillent dans un cercle réduit de réalisateurs et de scénaristes, prisonnières d’un style et de thèmes, ou qui se répètent à l’infini. De sa longue et fructueuse carrière, Madiha Yousry garde toujours à l’esprit le souvenir des trois réalisateurs qui lui ont transmis les secrets de sa réussite. Comme elle l’exprime elle-même : « Le premier est Togo Mizrahi. Il m’a beaucoup appris sur la préparation d’un rôle. Ezzedine Zulficar m’a appris, lui, à lire efficacement un scénario. C’était un grand scénariste et un brillant dialoguiste. Il aidait l’acteur à avoir la force de se fondre totalement dans le personnage et utilisait tous les moyens afin qu’il puisse y parvenir. Le troisième est Kamal al-Cheikh. Il chuchotait avec tact ses remarques à l’oreille de son acteur et savait lui donner confiance. Il mettait à l’aise tous ceux qui l’entouraient en remplissant le plateau d’affection et d’amour. Que demander de plus ?… » Magda Maurice critique de cinéma et de télévision au quotidien égyptien Al Goumhouriah |
![]() FILMS PRÉSENTÉS : Maître Madiha de Youssef Wahbi, Égypte (1950), 115'La Chanson éternelle de Henri Barakat, Égypte (1952), 135' Les Filles d’Ève de Niazi Mostafa, Égypte (1954), 115' Vie ou Mort de Kamal al-Cheikh, Égypte (1954), 95' Terre des rêves de Kamal al-Cheikh, Égypte (1957), 142' Fidélité éternelle de Ahmed Dia Eddine, Égypte (1962), 100' |